mardi 19 novembre 2013

Le Blogue de L'Environnement et de l'Enseignement 


Le militant vert, l’écologiste, l’environnementaliste, le spécialiste, l’expert et le professionnel de l’environnement… une ou des formation(s) et des enseignements différents…. pour un même environnement……

 
L’enseignement de la maternelle au secondaire au Canada expose nos enfants à des ateliers qui décrivent l'environnement sur diverses facettes.
 L'UNESCO publie des orientations pour normaliser l'enseignement et la formation au niveau mondial. Il y a des différences culturelles dans les orientations académiques dans cet univers planétaire.
Prenons seulement au Canada et la province de Québec, qui utilise des structures académiques différentes pour le passage aux études Universitaires. Au Québec, le collégial donne les axes de connaissances qui préparent à un passage à des études universitaires...
 

Statistique Canada répertorie et codifie les différents types de programme d’enseignement des niveaux primaires et secondaires au Canada,  ce qui permet de recenser les différents créneaux d’enseignement dans ce domaine. Ainsi il est possible de consulter la fiche numéro 13.1338 — Formation à l'enseignement en études de l'environnement pour le secteur primaire et secondaire.
Il existe dans cette catégorie: les enseignants en études de l'environnement,  de l'éducation environnementale, des sciences environnementales. Le répertoire fait une différence entre les enseignements qui sont prodigués dans d’autres catégories, telles que : la biologie, les sciences, l’étude de l'environnement, les sciences de la Terre, les sciences de l'environnement.

Les études collégiales au Québec permettent une variété de programmes dont certains sont dédiés à des études universitaires et d’autres aux marchés du travail.
Ce qui résulte pour l’apprenant qui termine ses études collégiales menant à l’université, une exposition à une diversité de connaissances, dont certaines seront applicables à l’environnement.
D’où le thème de ce blogue.... L’environnement et L’enseignement.
Prenons comme exemple qu’un examen d’entrée soit nécessaire pour valider l’acquisition des connaissances de base d’un futur étudiant qui postule dans un programme universitaire; qui mène à une reconnaissance en environnement dans un programme de premier cycle ou deuxième cycle.
Si nous prenons comme hypothèse qu’un des exercices de cet examen de passage formule un questionnement dans une étude de cas où les conditions de l’environnement proposées à tous ces « connaissants » (qui ont terminé un cycle éducatif collégial), sont les mêmes.... et que la question ouverte qui est posée soit :
Que proposez-vous comme stratégie d’intervention pour améliorer la qualité de l’environnement.
Il y aura une réponse sensée de la plupart des « connaissants » provenant de acquis retenus des  programmes d’enseignement collégial variés.  Sauf que les réponses risques d’être complémentaires les unes et autres, selon les acquis et difficilement comparables.
Portant l’état de l’environnement est resté le même pour tous…..
Nous venons de soulever un état de fait; l'environnement peut être analysé sur plusieurs facettes pour son amélioration.
Je retiens deux textes de la Revue électronique en sciences de l’environnement Vertigo, qui ont 10 ans d’écart et qui reflètent les complexités de l’acquisition et du traitement des connaissances sur l’environnement.
Le texte de 2003, du Volume 4 numéro 2, écrit par Patrick Charland, est intéressant dans son étymologie qui décrit ce fossé entre l’enseignement des sciences et l’éducation de l’environnement.
Cet article indique, dès 2004, la complexité d’introduire la formation en science dans l’éducation de l‘environnement. La différence entre les termes choisis par cet auteur est importante, car il indique une différence entre la complexité de l’enseignement et de l’éducation. Ce thème n’est pas nouveau, l’UNESCO a publié un ouvrage intéressant à ce sujet en 1987 .
 Titre: Problèmes liés à l'articulation ou à l'intégration des plans d'éducation et de formation
Auteur: Robert Médard, année: 1987. Les thèmes abordés sont:  La
Relations entre l'éducation et la formation en général. Les différents types, niveaux et modalités d'harmonisation et d'intégration des plans. Les étapes méthodologiques d'une planification intégrée. La traduction des objectifs en termes financiers. Trois instruments pratiques destinés aux planificateurs et administrateurs de l'éducation.
Le rapport spécifie  un constat: « On peut déplorer un manque ou une insuffisance de coordination entre les planificateurs de l'éducation, des ressources humaines et du développement économique et social, ainsi que la non-participation des responsables du ministère des Finances pour une meilleure prise en compte des contraintes budgétaires ».
 
http://www.unesco.org/education/pdf/11_70.pdf

Un texte de 2007, dans une revue spécialisée en éducation (Éducation relative à l'environnement, Vol 6- 2006-2007)  relève un constat encore plus marqué de la relation entre l'enseignement et l'éducation dans le domaine de l'environnement. Le titre de l'article est : La formation des enseignants dans le cadre de l'éducation à l'environnement pour un développement durable; problèmes didactiques. Ce texte est signé par 5 représentants de 3 organisations dans le domaines de la formation académique française. Les grandes lignes de ce texte exprime l'urgence de donner une cohérence au politique d'éducation à l'environnement dans le cadre des enseignements scolaires.

http://www.revue-ere.uqam.ca/PDF/Volume6/07_Girault_Y_et_al.pdf
En 2013, la tendance actuelle est que la diversité des « connaissants » qui prodigues des opinions dans des expertises dans le domaine de l’environnement ont tous une histoire académique différente, des connaissances, des habiletés et des compétences qui viennent de cursus qui n’ont pas les mêmes optiques sur la définition même de l’environnement.
Le texte de 2013, du volume 13 numéro 3, écrit en collaboration avec Frédéric Bouchard (CIRST, Université de Montréal), Louis Guay (Université Laval, Canada) (Université Laval), Ève Truilhé-Marengo (CERIC-UMR 7318, Université Aix-Marseille), Bernard Reber (CERSES, CNRS) et Luc Chicoine ([VertigO], UQÀM) qui propose un dossier complet sur la Controverse environnementale : expertise et expertise de l’expertise»
L’esprit de cet article est de faire comprendre que les expertises en environnement sont actuellement utilisées pour générer un débat dont les orientations finales sont prises par un expert qui n’est pas directement associé à une compréhension de l’état de l’environnement. Il y a l’environnement des personnes morales, l’environnement des personnes physiques, l’environnement économique, l’environnement social, l’environnement de l’environnement, l’environnement politique, etc etc.
Ainsi, il y a dans une grande diversité d’axes d’acquisition de connaissances dans le domaine de l’environnement. Il y a plus d’une voie à prendre pour l’apprenant.
L’apprenant doit faire son nid en fonction de ses volontés d’action sur l’environnement. Les responsabilités à prendre lors de son action, les assurances professionnelles pour couvrir ses prestations et les points de vue de ses clients et de leurs exigences. L’utilisation des connaissances, habiletés et compétence seront tout aussi variée, en fonction de la spécialisation qui a été acquise dans le domaine de l’environnement. 
Les programmes académiques ne poursuivent pas les mêmes objectifs pour former :
  • des militants en environnement,
  • des écologistes,
  • des spécialistes en environnement et
  • des experts en environnement
  • et des professionnels de l’environnement.
C’est la même chose dans l’industrie touristique ; autant nous avons besoin d’un agent de voyage, d’un agent de bord, d’un pilote, d’un contrôleur aérien, de bagagistes, d’hôteliers, de chauffeurs d’autobus que de « connaissant variés» dans le domaine de l’environnement.
Les « connaissants » de l’environnement ont tous un rôle à jouer comme dans une fourmilière, les actions des uns sont tributaires des actions des autres, dans une synergie qu’il ne faut pas déséquilibrée.
Par aider à bâtir des programmes en environnement et des enseignants qui développeront des cours à partir des outils technologiques; il faut clarifier les rôles dans l’action environnementale.
Le militant de l’environnement; cela peut être vous et moi; qui aimons comprendre les actions sur le milieu qui nous entoure et sur lequel nous avons une influence. Ce militant environnemental veut être sensibilisé aux questions environnementales, aux actualités dans ce domaine, aux thématiques en cours et aux enjeux de société. Pour le militant en environnement, une série de conférences et des cours sur les thèmes des politiques de développement durable, forgent son univers et permet d’orienter son action.
 L’écologiste est un spécialiste de la biologie qui étudie la relation dynamique entre les espèces en incluant les humains. Il intègre cette capacité de comprendre le fragile équilibre entre les espèces vivantes.
 
 Les universités forment les futurs écologistes dans des programmes de premier et deuxième cycle, utilisant les connaissances de sciences biologiques dans une relation systémique.
 
À titre d’exemple, notons les micros programme de l’Université de Sherbrooke.
http://pages.usherbrooke.ca/microprogramme-ecologie/index.php/accueil.html
L’environnementaliste est un militant de l’environnement qui à une action directe dans la protection du milieu qui nous entoure. Il a une volonté de prévention de la pollution.

Le spécialiste en environnement dans une activité spécialisé touchant à l’environnement provient d’un cursus académique qui permet d’expliquer le fonctionnement des phénomènes de l’environnement.
L’expert en environnement est celui qui peut utiliser les connaissances transversales à partir d’un cursus professionnel reconnu pour les adapter dans des stratégies de mise en œuvre pour agir sur l’environnement. Il est celui qui permet de donner une réalité du savoir agir à partir du savoir, par ses expériences terrains. Voir l’article de Yves Renoir, 2004, L’enseignant- expert, Regard critique sur une notion non dépourvue d’intérêt pour la recherche sur les pratiques enseignantes.
 Le professionnel de l’environnement est celui qui est reconnu par une association professionnelle qui est fondée sur un profil de connaissances, d'habiletés et de compétences pratiques sur les interventions dans l’environnement
Ce n’est pas facile de s’y retrouver, mais lorsque l’on met sur papier les actions que l’on veut faire sur l’environnement, alors l'on choisit son programme en conséquence.
Il appert qu’un géant au pied d’argile ne peut survivre longtemps sans donner des signes de faiblesses sur la route qu'il parcoure.  Ainsi le domaine de l’enseignement doit permettre une formation solide des « connaissants » en environnement qui se diversifieront dans leurs cursus finaux pour déployer les compétences nécessaires pour être actives dans le monde du travail.
Pour que les actions des compétences puissent servir l’environnement, il faut que les connaissances de base de la science et des technologies soient connues des apprenants. Ils seraient de mise que la base soit équivalente; que l’on choisit de devenir un spécialiste, un expert ou un professionnel de l’environnement.
Pour cela, l'on ne peut sauter d’étape, il faut une compréhension des phénomènes physiques, chimiques, biologiques et anthropologiques qui permettent une utilisation dans des habiletés transversales.
Il a été noté que la dichotomie naissant dès l’école primaire et secondaire ne permet pas d’intégrer les concepts de base de la science vers la compréhension de notre environnement. Il y a une réforme qui est amorcée depuis 2004 dans ces domaines. Les études postsecondaires au Québec se poursuivent dans des CÉGEPS. Le programme des sciences santé a été modifié par les sciences nature au CÉGEP en 2011.
Une passerelle optimale dans un programme en environnement de premier cycle ou dans un programme spécialisé de deuxième cycle universitaire devrait intégré la réussite de cours de base en sciences pures, chimies, biologie et intégré les notions d’anthropologie, géologie et des technologies.

Dans une réflexion nostalgique de mes études collégiales en 1975-1976 dans un programme de Science Santé du Collège Marie Victorin qui est aujourd’hui un CÉGEP privé, j’ai utilisé mon moteur de recherche sur le WEB pour rechercher l’évolution du programme collégiale.
Dès l’entrée sur le portail du collège, il y a une modification importante, les sciences de la santé sont regroupées sous le thème des sciences natures. Il y a des possibilités dans les sciences nature d’obtenir un cursus en sciences pures, en sciences santés et en enseignement des sciences. De plus il y a la possibilité du double DEC. Il y a une des possibilités d’associer aux programmes collégiaux un deuxième programme pour compléter un parcours qui vous deviens presque individualisé.Prenez par exemple le programme 200.12 Sciences humaines (profil individu) et Sciences de la nature (sciences de la santé ou sciences pures et appliquées) du Collège marie-Victorin.

http://www.collegemv.qc.ca/CMS/Media/1535_36_fr-ca_0_200_12_ddec_sc_nature_sc_humaine_ind_2014_2015.pdf

https://docs.google.com/file/d/0BxV9AyOsI2YOV3FndmZHT0V1UFU/edit 
 La fiche de double DEC en science santé et humaine m’a fait réfléchir sur les grandes possibilités qu’offre la formation pré-universitaire pour préparer l’étudiant à des études en environnement.
Dans ma réflexion une petite pensée s’anime :
Il faut réconcilier les connaissances, habiletés et compétences de base que la définition même de la Loi Canadienne et la Loi sur la Qualité de l’environnement du Québec en environnement pour orienter les connaissants dans l’application de celles-ci.
Loi canadienne de Protection de l’environnement établit comme orientation minimum :
qui défini l’ « environnement »
Ensemble des conditions et des éléments naturels de la Terre, notamment :
o   a) l’air, l’eau et le sol;
o   b) toutes les couches de l’atmosphère;
o   c) toutes les matières organiques et inorganiques ainsi que les êtres vivants;
o   d) les systèmes naturels en interaction qui comprennent les éléments visés aux alinéas a) à c).
Loi sur la qualité de l’environnement du Québec
qui définit l’ « environnement »
 "L'eau, l'atmosphère et le sol ou toute combinaison de l'un ou l'autre ou, d'une manière générale, le milieu ambiant avec lequel les espèces vivantes entretiennent des relations dynamiques";
 
Cette réflexion qui m’anime se fait ailleurs qu’au Québec (Province du Canada). Il y a déjà des textes à ce sujet en Europe, recensée depuis 2004, qui rejoint l’article de la revue électronique Vertigo de 2004, référée plus haut..... Ces textes traduisent cette nécessité de réorientation et d’intégration des sciences et des technologies dans l’enseignement de l’environnement pour décrire dans une description reconnue des composantes de l’air, de l’eau , du sol, de l’atmosphère, des matières organiques, inorganiques, des systèmes naturels.
La plupart des articles de cette époque parlent d’une intégration des connaissances de base sur les sciences et technologies dans les niveaux primaires et secondaires de l’enseignement.
Il est plus qu’à propos d’en faire une analyse à l’étape universitaire des pré-requis pour être éligible à de l’enseignement supérieur en environnement.
Pour permettre une action sur l’environnement qui spécialise toute une palette de « connaissants » il faudrait tout au moins partager une même base, pour que le géant universitaire puisse troquer ses pieds d’argile pour un enracinement des connaissances qui puissent porter une amélioration consistante en environnement.
Ainsi, il faudrait réfléchir sur l’évaluation des acquis des apprenants pour faire face aux exigences académiques dans le domaine des études sur l'environnement.
 Ce questionnement sur les acquis minimum à maitriser par les apprenants, est une source de réflexion qui date depuis des années.
La pertinence d’un examen mesurant les acquis des apprenants pour valider les connaissances de base des candidats aux études universitaires en environnement est déjà une pratique.... dans d'autres facultés que l'environnement dans le monde universitaire. La mesure des acquis doit toucher à la base même des connaissances minimales pour comprendre notre environnement. Le questionnement sur la compréhension des concepts de bases des sciences devrait être un incontournable.
L’encadrement selon les résultats des mesures des acquis est une stratégie de formation des apprenants qui devient un élément important pour permettre d'acquérir ce qui est absent comme connaissances de base, habiletés ou compétences pour réussir le programme universitaire prévue en environnement.
Le parcours avant l’entrée définitive dans un programme en environnement peut devenir personnalisé. Les connaissances, les habiletés et les compétences pourraient être acquises dans une étape préalable pour permettre de compléter les examens d’habiletés minimums.
Il y a déjà des réflexions à ce sujet. L’encadrement-programme aux études supérieures en formation à distance à la Télé-université par André-Jacques Deschênes, VOL. 16, No. 2, 1-22 donne des orientations pour assister les apprenants dans leurs quêtes de renforcement des connaissances et habiletés.
Pour bâtir une maison cela prend de bonne fondation.  Pour bâtir dans notre environnement des stratégies d'intervention durable cela prend aussi des connaissances de bases dans les domaines des sciences, et technologies. Une maison croche restera une maison croche. Qu'elle soit bien décorée cela rend la vie difficile pour les occupants qui n'ont pas les pieds de niveaux sur le sol.
Ceci ouvre la voie à la mise à niveau des connaissances avant d'entreprendre des études en environnement de calibre universitaire. Le niveau collégial offre cet espace académique  pour compléter les connaissances mathématiques, scientifiques et sociales minimums pour  poursuivre un cursus universitaire choisi en premier ou deuxième cycle dans une discipline en environnement.
Il faut repenser les pré-requis de l’éducation de l’environnement au niveau universitaire afin de s'assurer d'un minimum d'acquis des "connaissants" spécifiques aux réalités des sciences natures et humaines et sociétale. L'acquisition des habiletés et compétences pré-requises seraient alors un axe d’enseignement à privilégier dans un programme de mise à niveau qui pourrait se greffer à une formation académique adaptative aux études universitaires visées.

à suivre...

Winkz, nov 2013

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